Cela fait maintenant 1 an que le collectif Mess Paris est né et son impact sur la scène techno parisienne fut majeur. Pour fêter leur anniversaire, ils ont invité leur résident Somewhen à les rejoindre. Retour sur le collectif qui a voulu rassembler Paris et Berlin.

Une identité berlinoise

Le collectif a démarré au début de l’été 2021, le 3 juillet plus exactement. À ce moment-là, la scène parisienne n’avait plus connu d’événements de cette envergure depuis l’été 2020. C’était donc un moment opportun pour commencer.
Dès le départ, Mess Paris affiche des line-up peu communs qui pourraient ne pas correspondre au public parisien habitué à des artistes fast techno / trance depuis 2019.
On découvre chez une partie du public parisien une demande de faire la fête différemment, l’esprit intimiste d’antan ayant quasiment disparu avec la popularisation de la techno.

Credit : Yasmine Bennis

La première soirée “Special Pride” affichera une identité très LGBT que ce soit dans les visuels (drapeau multicolore) ou dans la communication (love room, cage…). Des éléments que l’on retrouve beaucoup dans les clubs à Berlin où la fête est connue pour être plus safe.
Ce format là continuera à se développer jusqu’à la fin de l’été et aura accueilli des artistes majoritairement berlinois comme Somewhen, Metaraph, Phase Fatale, Tham et bien d’autres. Certaines éditions se passaient la nuit et d’autres le jour en after. Puis le 29 août 2021 arriva la première édition de la série « NEVER ENDING ».

Credit photo : Want1

La recette du succès

Le format 24h n’avait plus été vu à Paris depuis la Concrete qui avait eu la chance à l’époque d’avoir l’autorisation de rester ouvert tout le week-end (les vendredimanche). C’est quelque chose de très courant à Berlin d’avoir des lieux où l’on peut rester tout le week-end. Mess Paris a décidé de remettre ce format au goût du jour avec sa série « NEVER ENDING ».

La première édition « NEVER ENDING » a réuni plusieurs milliers de personnes du samedi soir (00h) au dimanche soir (00h) avec au programme des artistes tels que Jennifer Cardini, Pablo Bozzi, Younger Than Me, Munsigner pour ne citer qu’eux. Quelques mois plus tard, le collectif lance la soirée qui marquera la scène parisienne : la deuxième édition (en intérieur) « NEVER ENDING ». Un système son bien réglé, un jeu de lumière à dominante rouge, la fameuse cage… Et surtout des sets mémorables de Somewhen et THAM.

Sans surprises, l’événement fut un grand succès auprès du public parisien qui a découvert à ce moment là des artistes différents et une prestation visuelle et sonore qualitative. Suite à cette soirée, les collectifs les plus influents ont du se mettre à la page et proposer pour leurs événements futurs une prestation équivalente. On l’a très rapidement vu dans les soirées concurrentes qui ont suivies. Seulement, le succès n’apporte pas que du bon, et parfois, il est nécessaire de revenir aux sources.

Un retour aux sources nécessaire

Le public parisien n’est pas le public allemand, et ça, il ne faut pas l’oublier. En touchant un public de plus en plus large, on fait forcément face à des situations plus facilement évitables dans des formats plus intimistes. C’est avec cette conclusion que le collectif lance la soirée « MESS// RELOADED ». Une soirée qui permet de donner une bouffée d’air frais dans un lieu avec un public plus chaud que jamais. En effet, cette dernière a eu lieu dans un Sierra Neon plus customisé que jamais. Un système son posé et réglé par le collectif et même chose pour le jeu de lumière. Et bien sûr, la cage, élément phare des Mess depuis les débuts. Un vrai plaisir autant pour les yeux que pour les oreilles.

Credit : Want1

Face à une pénurie de lieux et un milieu peu solidaire, Mess semble essayer de faire de son mieux pour garder son identité qui a fait son succès.

Le retour de Somewhen

Le collectif continue sur cette lancée et annonce l’événement qui fêtera sa première année d’activité. Toujours dans un esprit intimiste, Mess Paris fait revenir Somewhen ce samedi 11 juin pour l’occasion. Un retour que l’on attendait beaucoup. Il a récemment sorti 2 tracks sur la dernière VA du R-Label qu’il faut foncer écouter. Il sera accompagné par l’américain, désormais berlinois, Alex Wilcox. Le prodige du label Mama Told Ya n’a pour l’instant fait qu’une date en Europe. Il se produira donc pour la première fois en France ce week-end. Dans la listes des prodiges à ne pas rater, on ajoute le belge Phara. Le DJ et producteur a déjà signé sur Soma Records et SK Eleven, il joue et produit des tracks old school dans un style plutôt mental / groovy.

On ne l’avait pas vu venir, JKS sera présent à leurs côtés avec un style qui a bien changé avec le temps. Lui qui nous avait toujours habitué à des sets très rave comme on les connaît à Paris avec Molekül. Tout en gardant cette identité, il semble essayer de se tourner vers des sonorités plus éclectiques alliant breaks et electro. Un set qui réserve certainement bien des surprises. Tout droit venu de l’est pour faire sa première date parisienne, le membre du collectif queer Popoff Kitchen aka Raumtester viendra jouer sa techno post punk / new wave. Vous pouvez découvrir ici son super set pour HÖR, préparez la clim parce qu’il va vous donner chaud.

Pour finir, c’est le retour de DMN qui n’avait plus jouer à Mess depuis la dernière édition 24h. Le DA du collectif ne peut que avoir une belle selecta à la vu de ses choix artistique.

Le choix de la passion

Malgré la pénurie de lieux, les prix des billets d’avions qui flambent et l’instabilité globale du milieu, Mess Paris continue à vouloir proposer des plateaux artistiques ambitieux. Ce week-end encore, vous pourrez découvrir Phara, Raumtester, Alex Wilcox et un nouveau JKS. Le collectif aura beaucoup influencé la scène parisienne en faisant le pari osé de choisir des artistes peu connus du public parisien et des scénographies très coûteuses. Un pari qui s’est avéré gagnant et qui, encore aujourd’hui, les fait sortir du lot.

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Photo de couverture : Raphael Kessler

Categories: Focus soirées

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