Nous avons eu l’opportunité d’assister à une petite conférence avec les organisateurs du festival Lollapalooza Paris. Ces derniers ont acceptés de répondre aux différentes questions des journalistes présents.

Votre festival était orienté Rock à ses débuts, qu’est ce qui vous a dirigé vers une programmation plus hip-hop et électronique ?

Lollapalloza a été créé par Perry Farell, au départ son idée était bien évidemment d’organiser un festival Rock, c’était la jeunesse du projet dans les années 90. Le festival a évolué avec quelqu’un comme Perry Farell qui est très ouvert dans la musique. Il s’est alors intéressé aux musiques électroniques.

Il a senti rapidement que la musique électronique allait exploser dans les années à suivre et a donc créé la fameuse scène “Perry’s stage”.
Maintenant, malgré la variété apportée à la programmation, il reste tout de même encore quelques groupes de rocks comme The Strokes, Ben Harper, Shame, Skip The Use, The Lion…

Lollapalooza Paris c’est un mélange des valeurs à la fois sociétales et musicales.
C’est un des seuls festivals où il y a un taux d’internationaux si élevé, on veut qu’il s’y passe des rencontres.
L’idée c’est d’offrir une expérience avant tout et d’être de moins en moins tributaire des groupes. C’est pour cela qu’il existe des installations comme Lolla Chef, planète, stands de sensibilisation etc…

Est ce que la scène Techno pourrait avoir sa place au festival Lollapalooza dans le futur ?

On pense que la porte est toujours ouverte, maintenant la réalité c’est qu’il y a déjà une grosse scène club à l’année qui travaille déjà très bien ce style.
La notion d’exclusivité est très importante pour nous, il est important d’afficher au festival des artistes qui se font très rares pendant l’année.
Pour le moment ce serait une rupture un peu trop forte avec un public que nous sommes en train d’adapter sur la Perry’s stage.

En même temps que nous il y a Parookaville et Tomorrowland donc l’idée c’est de récupérer des artistes qui allaient toujours là-bas et jamais à Paris.
Il serait possible de développer une petite scène et d’y booker des artistes de niche.
Sur la Perry cette année on a eu le b2b Aazar & 4B qui ne sont pas forcément dans le top DJ Mag mais qui ont généré une grosse attente.
On essaye de voir la Techno dans cette même logique et au niveau du développement on y est pas encore.

On produit I LOVE TECHNO et on voit que sur la musique électronique pure techno ça redescend car justement il y a trop de booking en club.
C’est donc pour cela qu’on essaye d’avoir des artistes moins représentés en club pendant l’année.

Le bilan financier de Lollapalooza Paris est t-il positif depuis 2 ans ?
(en rapport avec l’annulation de l’événement Val De Rock)

Premièrement, il y a un gros problème aujourd’hui avec l’appellation ‘Festival’. Un festival demande énormément de savoir faire et de ressources. Lollapalooza n’est absolument pas un festival bénéficiaire, c’est un festival en phase d’investissement, pour ne pas dire que l’on perd de l’argent.
Nous savons très bien que nous allons perdre de l’argent pendant X années.
C’est comme ça pour tout le monde, ici il n’y a pas de bénévolat et de subvention publique, 100% du staff que vous voyez ici est payé.

On est sur un investissement de 11 millions d’euros, c’est des business plans à 5 ou 6 ans. Pour revenir à Val De Rock, ça peut pas marcher, c’est pas un conte de fée un festival. C’est très dur, tu prends beaucoup de coups et il y a une explosion des tarifs des artistes depuis des années.
On voit donc forcément sur le long terme, mais on parle là de 6-7 ans.
Dans la capitale il y a une saturation de contenu qui rend la tâche beaucoup plus difficile que pour des festivals comme les vieilles charrues par exemple.

Dans 2-3 ans on pourra déjà commencer à s’asseoir et à faire le bilan.

En quoi un festival comme Lollapalooza se démarque t-il des autres festivals parisiens ?

Je pense que Lollapalooza a vocation à se présenter plus sur un segment premium. On offre des prestations particulières à un certain type de public, c’est un public qu’on ne retrouve pas à We Love Green, Solidays ou Rock En Seine. On prend un peu de tout ça et on y rajoute une programmation internationale et Française.

Sur les 2 jours il y a 49 groupes qui jouent dont 37 étant en exclusivité.
Sur les 16 DJs présents, 11 se produiront uniquement à Lollapalooza.
Quand on parle d’exclusivité, on n’empêche pas les artistes d’aller chez les autres, ce sont les artistes qui choisissent d’aller uniquement chez nous.
En matière d’accueil artiste et de qualité de production, si un groupe veut jouer 2 heures il joue 2 heures. C’est coûteux mais c’est dans l’ADN du festival.
The Weekend/Red hot par exemple, on monte tout le grill de The Weekend et dans la nuit on démonte tout et on remonte pour les Red hot pendant la nuit.

Dans la plupart des autres festivals il y aura ce qu’on appelle des kits avec X sons et X lumières et ça bloque les internationaux.
Ces derniers savent qu’avec la France à Lolla ce sera toujours très sérieux et carré.

Vous pouvez dès maintenant vous rendre sur l’événement de 2020.

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