Ottoman.grüw a sorti ce jeudi 28 novembre un EP avec Gobsmacked Records. Intitulé Solar Storm, cet EP au nom évocateur contient 4 titres aux rythmes particuliers et aux sonorités mystiques ainsi que deux remixes par CKS et Balrog, deux habitués du label. Entre Paris et Montréal, on revient avec eux sur le lancement de cette tempête solaire.

D’où vient votre nom, Ottoman.grüw, qui sonne complètement étranger ?

Ce nom en deux parties est une anagramme de nos noms respectifs. A la même manière où André Breton c’était Etron de Bran et Boris Vian c’était Bison ravi, nous c’est ottoman.grüw.

Parlez-nous un peu de vous, c’est quoi la “Punk music from space” ?

On s’identifie à une partie moins “conventionnelle” de la scène Techno, associée à certaines valeurs libertaires et expérimentales.

“Punk music from space” dans notre cas précis c’est la fusion de plusieurs genres électroniques : les rythmes de la Techno, la beauté de l’Electronica et l’énergie de la Rave, auxquels on ajoute une dose de distorsion/saturation, ainsi qu’une utilisation assez gutturale et “parlée” de la voix (que nous on associe au punk) pour créer une atmosphère à la fois mystique et déchaînée.

Vous vous définissez comme allergiques aux ordinateurs, qu’est ce que ça implique ?

On a découvert la création en musique électronique et développé notre attrait pour cette dernière en utilisant des synthétiseurs hardware. C’est ce contact physique avec nos machines et le plaisir qui s’en dégage qui nous a poussé à continuer dans cette voie. Par ailleurs ça a défini que la performance live était l’essence même de ce projet.

Il y a bien sûr des inconvénients, les sons sont parfois trop saturés et bruts, et ça peut aussi limiter nos possibilités ; mais de l’autre côté ça définit notre esthétique tant visuelle que sonore et ça contribue à notre identité.

Pour enregistrer notre musique en studio, on utilise quand même un ordinateur car c’est plus facile et beaucoup moins cher, mais on a comme projet futur d’enregistrer un album sur bande magnétique.

Expliquez-nous un peu comment vous avez créé cet EP ? Quels moyens vous-avez utilisé ?

Le point de départ a été d’enregistrer une voix gutturale et caverneuse dans une pédale de reverse, ce qui donnait un son très éloigné de l’humain. Ensuite on a utilisé nos machines pour générer des percussions et des sons électroniques puissants. On a un peu jammé avec, puis on a enregistré le tout, en ajoutant une bonne grosse dose d’effets pour créer de la complexité et des nuances dans le son.

Dans quelles influences êtes-vous allés puiser ?

Les influences dans lesquelles nous avons puisé pour cet EP sont assez larges.
D’un côté, il y a la face obscure de la scène Techno actuelle, avec des labels comme l’allemand aufnahme + wiedergabe.

D’un autre côté, en réécoutant cet EP on a pensé à des anciennes sorties de Djedjotronic ou Maëlstrom sur le label français ZONE, avec en bonus des textures qui pourraient nous rappeller des compositeurs électroacoustiques comme Bernard Paremagiani ou Iannis Xenakis, qui font partie de nos références plus expérimentales.

Pourquoi avez-vous choisi d’intégrer les remixes de CKS et Balrog ? Et pourquoi ces artistes en particulier ?

Tout d’abord ce sont tous les deux des producteurs vraiment talentueux, dont la musique a déjà été jouée par de artistes Techno reconnus comme Rebekah, Stephanie Sykes ou encore Draag.
Pierre (CKS) est un vrai ami. On a joué plusieurs fois aux mêmes événements à Paris et son style est vraiment pointu. Pour Alex (Balrog) il y a un an environ on a sorti un EP sur le label hollandais Otomo, qui avait dans le passé produit Balrog. On avait donc écouté sa musique et remarqué la dimension industrielle vraiment intéressante dans laquelle elle s’inscrivait.

Votre présence sur la scène underground montréalaise ça a changé quoi ?

Déjà par rapport au projet ottoman.grüw ça change beaucoup.
On est à la base deux derrière ce projet, et c’est toujours le cas ! sauf que maintenant nous sommes entre Paris et Montréal. Mais la direction artistique qu’on a prise reste la même, et après plus de 8 ans d’amitié on s’écrit et s’envoie de la musique tous les jours.

Et comment pensez-vous que va se développer cette scène, on a du mal à imaginer des soirées de ce type à Montréal – le froid, les lieux etc, vous pouvez nous en dire plus ?

C’est totalement une autre approche. Par rapport à Paris la scène est plus petite, plus communautaire, moins légale et sûrement plus politisée (à l’image de la ville).

Il y a moins d’événements et malheureusement encore des contraintes légales (la plupart des clubs ferment à 3H) mais ça bouge beaucoup, et la scène “underground” est vraiment solide ; de nombreux collectifs font “du bien” à la Techno à Montréal.

Solar Storm, c’est votre nouvel EP qui sort le 25 Novembre sur un label basé à Berlin, Gobsmacked records, comment vous êtes rentrés en contact avec eux, quelle était votre démarche ?

CKS et Balrog (qui sont cités plus haut) avaient sorti un EP sur Gobsmacked, du coup on suivait ce label d’assez près. CKS nous avait beaucoup parlé de comment Shane (Millhouse) un des patrons du label, était bienveillant et de comment ils avaient leur place établie sur la scène Techno de Berlin. Une fois qu’on a eu un EP de prêt on a alors très naturellement écrit à ce label, en proposant à CKS et Balrog (qui ne se connaissaient pas à l’époque) de remixer notre musique.

Pourquoi ce label en particulier ?

C’est un label qui existe depuis plus de 10 ans à Berlin, qui a produit des artistes réputés et que l’on admire (dont Patrick DSP ou 14anger), et qui a un réseau de DJs Techno reconnus qui viennent souvent piocher dans le catalogue Gobsmacked pour faire leurs sets. On a d’ailleurs déjà reçu le soutien d’artistes comme Dax J, Remco Beekwilder, Thomas P.Heckmann, Marcel Fengler, Cristian Varela…

Le titre de votre EP, Solar Storm, est très évocateur et ramène directement à un milieu galactique, vous avez une appétence pour les films de SF type Interstellar ou est ce que c’est quelque chose de tout autre ?

Disons que l’espace est une inspiration visuelle comme sonore, tant par son côté mystique que poétique. Puis la musique électronique et l’espace vont ensemble depuis le début, les sons électroniques font référence à des choses que l’on ne pourrait pas avoir sur Terre, et qui du coup ne pourraient venir que d’ailleurs.

C’est quoi la suite des événements pour vous ?

On aimerait continuer à rencontrer plein d’artistes passionnés et talentueux avec qui travailler.

Sinon concrètement Ottoman.grüw a depuis peu une résidence mensuelle sur la radio montréalaise n10as, on prépare une tournée canadienne cet été avec le groupe montréalais Chabanel ainsi qu’un projet audiovisuel avec l’artiste vidéo Topaz.

Et encore d’autres choses très chouettes devraient être annoncées sous peu.

Lien d’écoute : https://fanlink.to/solarstormep

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Categories: Interview

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